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Découvrez Cimiez, un quartier chargé d’histoire au cœur de Nice

15 Jun 2026

Découvrez Cimiez, un quartier chargé d’histoire au cœur de Nice

Depuis les hauteurs du centre-ville de Nice, le quartier de Cimiez compte parmi les plus emblématique et chargé d’histoire de toute la Côte d’Azur.

Il a traversé les âges depuis l’antiquité, jusqu’à aujourd’hui, en étant un lieu de villégiature aristocratique puis un quartier résidentiel très prisé. Le quartier Cimiez, ce sont deux millénaires d’histoire, de conquêtes, de religions, de transformation urbaine et d’art de vivre.

 

Cemenelum : la ville romaine avant Cimiez

Les Liguriens Védiantiens ne vous disent peut-être rien, mais c’est le peuple qui occupait depuis des millénaires la région niçoise, et donc la colline de Cimiez, bien avant l’arrivée des romains entre le IIIème et le IIème siècle avant J-C

Suivant la volonté de l’empereur Auguste d’étendre son influence, la région sera pacifiée entre 24 et 14 av. J-C, et intégrera l’empire romain. Une nouvelle ville est alors fondée sur la colline. Elle sera appelée Cemenelum et deviendra la capitale de cette nouvelle province des Alpes Maritimes.

Au fil des siècles, elle deviendra un centre administratif et militaire de premier plan, dépassant même en influence Nikaïa, la Nice grecque situé plus proche du littoral.

De nos jours on peut encore admirer les vestiges de Cemenelum au travers des ruines de l’amphithéâtre (les arènes), des thermes et de la basilique paléochrétienne, comme des témoins de l’importance de la cité dans la vie de la région à cette époque.

La vie y était similaire à ce qui se pratiquait dans les autres villes romaines : commerce, administration régionale, artisanat… C’est cependant vers la fin du IIIème siècle que Cemenelum va connaitre son apogée, avec notamment la construction d’édifices majeurs.

Poussé par la montée du christianisme, Cemenelum va se transformer en centre religieux au IVème siècle avec l’édification d’une basilique et d’un évêché. La cité est alors associée à des saints tels que Pons et Bassus.

Le déclin de la ville intervient à partir du Vème siècle. Les invasions barbares régulières et les bouleversements du haut Moyen Âge lui font alors peu à peu perdre en influence. Le site antique n’existera alors plus en tant que cité distincte au commencement de l’époque médiévale.

 

Le Moyen Âge : une période sacrée pour Cimiez

Au début du Moyen Âge, la colline de Cimiez est surtout un lieu de passage et de procession pour de petite communautés religieuses. Elle tombe peu à peu dans un oubli relatif auprès de la population régionale.

C’est aux alentours du XVIème siècle que le lieu va connaitre un regain d’intérêt avec l’installation de moines franciscains, et la création d’un monastère. Ce dernier, construit sur les vestiges antiques, deviendra au fil des ans un centre religieux très important de la ville.

Il est par la suite agrémenté d’un jardin méditerranéen, d’un cloître et d’une église dans laquelle on peut admirer des œuvres de l’artiste Louis Bréa, un peintre de la Renaissance originaire de Nice. Elles sont encore visibles de nos jours.

Durant la Révolution française, le monastère est alors transformé en caserne militaire, puis en hôpital. Il faudra attendre le XIXème siècle, et plus précisément sous la restauration sarde puis française pour que le lieu retrouve sa vocation religieuse et paroissiale.

D’illustre personnages comme les peintres Henri Matisse et Raoul Dufy, ou encore l’écrivain Roger Martin du Gard – Prix Nobel de Littérature – seront inhumés dans le cimetière attenant.

 

L'âge d'or de Cimiez

C’est au milieu du XIXème siècle que l’histoire de Cimiez va prendre un tournant décisif.
La ville de Nice est annexée en 1860, et dans le sillage de cet événement, le quartier va connaitre une mise en lumière exceptionnelle.

Avec la création de la ligne de chemin de fer entre Marseille et Nice en 1864, la ville va se transformer en profondeur et devenir une destination touristique de prestige.

Attirée par la douceur des hivers, une clientèle aristocratique vient de toute l’Europe pour rechercher des résidences face à la mer.

Ces changements vont faire tripler la population de Nice entre 1861 et 1910.

Le quartier de Cimiez est alors l’un des plus prisés comme lieux de villégiature et la deuxième moitié du XIXème siècle le voit se développer de façon très importante.

De nouveaux axes de circulation sont créés, avec notamment le boulevard de Cimiez, qui deviendra la colonne vertébrale de ce développement.

Ces bouleversements répondent à l’arrivée de riches investisseurs : de somptueux palaces sont construits, tout comme des villas d’inspiration médiévale ou mauresque.

Parmi les plus emblématiques on peut retrouver l’Excelsior Regina Palace, édifié en 1896 pour accueillir sa Majesté la Reine Victoria d’Angleterre durant ses séjours hivernaux.

Ses visites régulières attirent d’autres souverains tels qu’Edouard VII, George V, ou encore Léopold II. De nombreuses avenues du quartier portent aujourd’hui les traces de cette histoire au travers de leurs noms.

Les palaces, hôtels particuliers et villas, plus somptueux les uns que les autres, rivalisent de confort et d’élégance, pour séduire une clientèle bourgeoise très exigeante.

Cette période constituera l’apogée du prestige du quartier, le faisant rayonner dans le monde entier.

Cimiez au XXème siècle : déclin et modernisation

Le début du vingtième siècle est marqué par des bouleversements majeurs : la Première Guerre Mondiale, les crises économiques des années 1920 et 1930, ce qui entraine un fort déclin du tourisme aristocratique. Peu à peu, les palaces ferment, sont réhabilités, ou bien transformés en immeubles d’habitation.

C’est notamment le cas pour l’ancien hôtel Regina, qui deviendra un bâtiment de prestige, divisé en appartements. Dans les années 1930, Henri Matisse y installera même son atelier.

C’est après la Seconde Guerre Mondiale, et notamment à partir des années 60 que le quartier Cimiez se densifie. Autour des villas historiques et des anciens palais, de nouveaux immeubles voient le jour. Cela donnera lui donnera son identité à la fois historique et résidentielle, tout en gardant sa dimension bourgeoise et calme.

Il est toujours très apprécié pour ses espaces verts, ses écoles prestigieuses et sa qualité de vie.

Toutefois, il serait facile de résumer le quartier de Cimiez à ses seules résidences. Il abrite plusieurs musée et centres culturels importants de la ville de Nice.

On y retrouve par exemple le musée Matisse, installé dans la Villa des Arènes du XVIIème siècle et qui présente l’une des collections les plus riches du peintre.

On peut également y retrouver le musée archéologique, qui met en avant les trésors retrouvés sur le site antique, et des ruines romaines, dont l’amphithéâtre, que l’on peut admirer au cœur des vestiges et des jardins.

Cimiez, c’est aussi le lieu de nombreuse festivités traditionnelles niçoises, comme la Fête des Mai. Chaque printemps, elle est célébrée dans les jardins et les arènes, perpétuant ainsi les traditions locales populaires.

 

Cimiez, un quartier cher au cœur des niçois

Aujourd’hui, le quartier de Cimiez est l’un des plus recherchés dans la ville de Nice. Grâce à son subtil mélange entre patrimoine historiques, belles résidences, espaces verts et vues panoramiques sur la baie des Anges.

Cimiez, c’est aussi un voyage à travers le temps. Les jardins du monastère, les ruines romaines, les musées d’art et d’archéologie… Son histoire et son atmosphère en font un lieu de promenade privilégié des niçois.

Mais comme bon nombre de quartiers historiques des villes françaises, Cimiez doit faire face à la pression immobilière, et réussir à garder l’équilibre entre conservation du patrimoine, activités résidentielles et tourisme culturel.

Au travers des siècle, le défi a plusieurs fois été relevé avec succès, permettant au quartier de s’inscrire pleinement dans l’histoire de la ville, évoluant au fil des époques et des modes et façons de vivre, faisant de Nice une cité méditerranéenne de premier plan.